Bug! De l'art contemporain en Essonne

Bug in situ ! 11 installations, 14 artistes, 12 villes d’Essonne, printemps 2006.

 

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Edito

Susciter l’étonnement, la surprise, favoriser la rencontre avec l’art contemporain dans l’espace public, tels étaient les objectifs du projet BUG porté par le Conseil général de l’Essonne, le Collectif des villes pour la culture en Essonne et l’Agence culturelle et technique de l’Essonne (Acte91, aujourd’hui Artel 91). Onze œuvres, dont vous allez découvrir les descriptifs dans ce catalogue, ont été créées dans les douze communes qui ont participé au projet. Les quatorze artistes originaires de toute la France ont été retenus par un comité technique de sélection composé de spécialistes de l’art contemporain mais aussi de représentants des partenaires du projet, parmi les trente-neuf dossiers reçus après l’appel à projet.
D’avril à juin 2006, l’art contemporain a été ainsi présent dans des communes très différentes qui, pour la plupart, ont peu ou pas l’habitude de recevoir ce type de démarche. Elles ont accueilli des installations d’objets, de vidéos, de sculptures, mais aussi des performances.
Ce projet a permis aussi de proposer au public des actions culturelles et de sensibilisation sous forme de conférences, d’ateliers et de formations.
Cette invitation à découvrir les artistes a apporté au public des outils d’analyse pour que chacun invente sa propre lecture des œuvres. Ainsi, lors de rencontres, des liens se sont construits avec des sujets de société et des questionnements de scientifiques, qui ont fait l’objet de contributions présentées aussi dans cet ouvrage.
Ce temps a été riche de rencontres, de parcours, mais aussi d’expériences de vie qui ont donné la possiblité à des personnes plus ou moins éloignées de l’art contemporain d’intégrer des démarches de création, comme avec Sophie Solnychkine et Pierre Grattenois à Vert-le-Petit et Épinay-sous-Sénart lors d’un projet participatif autour d’une œuvre tricotée.
C’est pourquoi, en plus d’être moteur dans les champs artistiques, le Conseil général de l’Essonne a à cœur de s’associer aux acteurs locaux afin d’optimiser des actions et travailler dans le sens d’un partenariat fructueux.
Notre présence dans l’opération BUG, aux côtés des équipes d’ARTEL 91, témoigne de cette volonté ; elle révèle aussi l’attention portée aux échanges entre les sciences et les arts, posant les bases d’un rapprochement toujours plus important entre les disciplines.
Au final, le projet BUG aura tenu toutes ses promesses. Il nous aura apporté des surprises, et aussi un peu d’humour dans notre monde… sans aucun bug dans son organisation !
Nous remercions toutes les personnes qui, de près ou de loin, ont participé à ce projet et nous vous donnons rendez-vous pour une nouvelle aventure en 2009.

Patrice Sac
Président d’ARTEL 91
Vice-président chargé de la culture et du tourisme du Conseil général de l’Essonne

Michel Berson
président du Conseil général de l'Essonne

 

 

 

Présentation du projet BUG!

Le bug est issu du monde informatique, il est la traduction anglo-saxonne de punaise, insecte. L’histoire raconte que le mot est apparu le jour où une panne a été résolue par un technicien qui a découvert un insecte coincé dans l’ordinateur (1945). Il est devenu par extension, microbe, virus. En français, on a traduit bug par bogue. Un bogue informatique est une anomalie dans un programme l’empêchant de fonctionner correctement. Sa gravité peut être bénigne (défauts d’affichage mineurs) jusqu’à atteindre des proportions majeures (explosion du vol 501 de la fusée Ariane 5). Dernièrement, le bug a pris des dimensions catastrophistes avec les grandes peurs collectives. Le passage à l’an 2000 en était la meilleure preuve, quand tous les ordinateurs étaient censés ne pas reconnaître la date, et se croire en 1900. Aujourd’hui, les bugs agissent de manière plus diffuse dans la société. Le bug est passé dans le langage commun et il étend son domaine au-delà de l’informatique. Surprenons la conversation d’adolescents et nous entendrons se répéter : « Ça bogue ! » Le bug engloberait d’autres catégories de termes : défaut, erreur, anomalie, grain de sable, faille, incident, accident, imprévu…

Dans ce projet, le premier bug est manifeste dans la volonté d’inscrire l’œuvre d’un artiste au sein d’un espace public. Rompre avec un lieu dévolu à l’art, réservé à un public averti, est l’occasion d’offrir une nouvelle place à l’œuvre s’inscrivant dans le lieu commun à tous, celui d’un collectif. Elle s’intègre dans l’ensemble des espaces de passages et de rassemblements, au cœur d’une scène sur laquelle s’expriment les opinions et les débats d’une société, espace qui n’appartient à personne mais dont chacun est responsable. L’œuvre participerait à ce lien social qui constitue une culture. La plupart des œuvres offrent d’ailleurs une dimension participative, l’intervention du public.

Le bug, vu par les artistes, révèle divers parti pris.
- introduire un écart entre une intention et son interprétation singulière pour favoriser le dialogue entre les participants (Sophie Solnychkine et Pierre-Jean Grattenois) ;
- répéter en série jusqu’à faire le choix de l’incident ou de l’aléatoire (Karine Maire et Romain Nicoleau) ;
- programmer une défaillance technique dans un système bien rodé (Jean-Paul Fitelli) ;
- provoquer une déficience visuelle afin de retrouver une disponibilité envers son environnement (Christine Maigne et Émilie Pitoiset) ;
- témoigner d’une expérience intime (collectif Ornic’art) ;
- s’insérer en milieu urbain (Sandra Folz, Jérôme Abel et Laurent Sfar) ;
- opérer et infiltrer des comportements étranges (France Cadet) ;
- programmer le direct (collectif Studiometis).

À travers les œuvres des artistes, il est question d’observer comment le bug, ensemble des incidents du monde quotidien, ouvre sur une interrogation sur la société. Car le bug joue comme un révélateur de problèmes ancrés dans ce monde quotidien. Le bug parle des ratés, de tout ce que la société voudrait ne pas prendre en compte. Il y a inévitablement des bugs quand les choses vivent. Ils montrent l’instabilité des choses, la précarité, l’incident inhérent à toute avancée scientifique. C’est la raison pour laquelle le parti pris des artistes résonne avec des sciences sociales (urbanisme, ethnologie, sociologie, robotique, biologie, cybernétique). Un dialogue constant a lieu entre l’art et la science pour comprendre où se loge le bug et comment il est traité par l’un et l’autre secteur.

Symptôme d’une société qui se construit sur un mode accéléré, il donne l’occasion d’interroger notre environnement et notre humanité. C’est surtout pour chacun l’occasion de redécouvrir son espace, sa ville, en s’interrogeant sur la place qu’il peut occuper.